Le syndicat des professeur(e)s du Cégep de Trois-Rivières a été fondé le 24 avril 1968 pour représenter et défendre les professeur(e)s du Cégep. Voici un historique des différents moments significatifs dans l'existence du syndicat.


1970
Il était une fois le syndicat


C’est au début des années soixante-dix que le syndicat des professeur-e-s du Cégep de Trois-Rivières a eu son sigle. En voici la signification :

Les lettres S et P (syndicat des professeurs) ont été utilisées comme point de départ. La lettre de gauche représente le S (syndicat) est composée de deux obliques à 45 degrés et d’une verticale qui s’y rattache symbolisant un personnage debout ou accoudé discutant avec un vis-à-vis. La lettre de droite, représentant le P (professeur-e-s) est l’image miroir du vis-à-vis. Les deux cercles chapeautant ces 2 formes regroupées concrétisent les personnages en leur ajoutant une tête, soulignant ainsi la réflexion propre à une association de professeur-e-s. L’espace blanc compris entre ces deux formes noires et formé d’une ligne verticale surmontée d’un losange symbolise le milieu, la discussion et la négociation.


1970~1973
Il était une fois ... un président, Juin 1970.


Juin 1970. J’ai 25 ans et je suis fraîchement élu président de mon syndicat. Toute une année se prépare : enseignement à temps plein… et syndicat à temps plein. Au niveau des tâches syndicales : dossier de l’enseignement audiovisuel (reconnaissance de droits d’auteur ?), dossier de l’évaluation des enseignants, première négociation en Front Commun, premier renouvellement de contrat des profs de cégep, première grève du niveau collégial aussi. Elle durera 2 semaines. La négociation prend fin de façon forcée : retour au travail décrété par le gouvernement (libéral d’ailleurs). Décrétées aussi les conditions de travail. Pour les trois années à venir. La rébellion des trois grands chefs syndicaux (Charbonneau, Laberge et Pepin) sera sanctionnée par un an d’emprisonnement chacun (moins un jour). Le mécontentement est général. Il est justifié. Mais c’est pas trop grave : la vie est riche, diversifiée, trépidante : on demeure dynamique et on prépare… la négociation suivante. On continue en même temps à mieux définir l’enseignement collégial et aussi à l’affermir, le consolider. Notre consolation ? Des conditions de retour au travail sont localement négociées (c’était possible à l’époque, ce sera la dernière fois). Résultat : surveillance d’examen de jour… et surtout de soir et de fin de semaine, pour une récupération de 60 % du traitement perdu en journées grevées.

L’année suivante, on espérait une année syndicale plutôt tranquille. Mais c’était sans compter sur une disposition de la « convention collective » assénée par décret : le reclassement (déclassification?) des enseignants des cégeps. Une bonne majorité d’entre eux se voient reconnaître une scolarité moindre, donc avec un traitement diminué. C’est la riposte. C’est une nouvelle mobilisation des forces vives du syndicat. Le dynamisme de chacun est revigoré. Cela se traduit principalement par des rencontres des présidents de chacun des syndicats membres de la FNEQ (qui deviendra plus tard la FNEEQ). C’est une nouvelle façon de consulter-et-prendre-des-décisions. C’est une nouvelle instance syndicale qui voit le jour et qui demeurera (elle s’est révélée superbement efficace). Des rencontres chaque semaine : à Québec, à Montréal, à Drummondville aussi, pendant plusieurs mois. Un nouveau moyen de pression est exercé pour la première fois : la retenue des notes des étudiants… suivie bien sûr de la retenue des payes. Des rencontres avec des représentants de la partie patronale et du gouvernement permettront toutefois d’en arriver à une entente quelque peu satisfaisante. C’était à la veille des vacances annuelles. Quelle pression ! Et cette année-là, personne n’a daigné prendre la relève de l’exécutif sortant. Pour une fois, il n’y a pas eu d’élections au congrès syndical annuel. Les officiers « sortants » sont demeurés en poste une année de plus « sans être élus ».

L’année suivante, 1972-1973, sera, elle, syndicalement tranquille. Mais pas trop. Il fallait s’employer à mieux préparer la négociation à venir (dans un an et quelque). Premier pas : négocier localement de la libération syndicale pour les membres de l’exécutif syndical. Ce qui fut réalisé peu avant le congrès annuel local. Deuxième pas : songer à des moyens adéquats pour équilibrer la tâche des enseignants, à bien répartir les ressources entre les départements, à bien définir la tâche de l’enseignant, à bien définir le rôle de la « coordination départementale » (avant, on a eu affaire à un chef de département, puis à un directeur de département), etc. Bref, cette année-là poursuivait le travail amorcé en vue de parvenir à une « vraie bonne convention collective ». Cela aura pris en tout quatre ans de réflexion et d’efforts soutenus. Mais cela, c’est à l’équipe suivante d’en faire état et de vous le raconter.

Trois années de vie syndicale et de vie d’enseignant, avec une impression de plus de six années écoulées en seulement trois ans.

Jean-Pierrre Boyte,
Président du syndicat
De juin 1970 à juin 1973


1975
Les professeurs du Cégep ont leur journal officiel


Point d’ordre!
Le Nouvelliste, 20 février 1975

Le syndicat des professeur-e-s du Cégep de Trois-Rivières possède maintenant son propre journal, mais il aura fallu plusieurs mois avant qu’on en vienne à une décision finale. Ce journal portera le nom de Point d’ordre… Il se présente comme un « témoin du vaste champ de notre activité et par cet aspect comme le porte-parole des aspirations d’un nombre important de syndiqués » souligne le rédacteur en chef, de l’époque, M. Pierre Lampron. C’est un journal d’institutions qui a d’abord comme objectif de rendre compte des débats qui animent la vie syndicale des professeurs du Cégep de Trois-Rivières.


1982~1983
Le choc de 1982-1983


Depuis que, dans les années 60 sous le gouvernement Lesage, « la Reine a consenti à négocier avec ses sujets » les affrontements entre l’État québécois et ses employés syndiqués n’ont pas manqué. Mais celui de 1982-1983 a sans doute été le plus marquant en raison du contexte politique dans lequel il s’est déroulé et des séquelles qu’il a laissées et qui subsistent encore aujourd’hui.

Il faut en effet se rappeler que les employés syndiqués de la fonction publique avaient largement contribué à l’arrivée au pouvoir, tout à fait inattendue, du Parti Québécois en 1976. D’une part la grève qui avait opposé le gouvernement de Robert Bourassa aux syndiqués des secteurs public et parapublic quelques mois auparavant avait contribué à l’impopularité du gouvernement dans l’ensemble de la population. Par ailleurs, beaucoup de candidats du PQ étaient issus de la fonction publique et ils pouvaient compter sur l’appui d’un grand nombre de syndiqués. À Trois-Rivières, par exemple, Denis Vaugeois, le candidat péquiste, était lui-même un ancien enseignant du collégial et une bonne partie de son organisation électorale reposait sur ses anciens étudiants devenus, entre-temps, eux-mêmes enseignants au Cégep. En 1979, le nouveau gouvernement Lévesque et les centrales syndicales étaient parvenus à négocier des conventions collectives qui semblaient avoir satisfait les deux parties. Enfin, les syndiqués du public et du parapublic avaient été très actifs chez les péquistes aussi bien au référendum de 1980 qu’à l’occasion de la réélection du PQ en 1981.

Mais en 1982, le gouvernement Lévesque et son ministre des Finances, Jacques Parizeau, invoquant la mauvaise conjoncture économique et ses effets négatifs sur les finances publiques, exigeaient une réouverture des conventions collectives afin de réduire les salaires et de revenir sur des conventions déjà en vigueur. Il s’agissait là d’une requête qui fut perçue comme une tentative de faire payer par les seuls employés de l’État des difficultés auxquelles était confronté l’ensemble de la société et qui reçut par conséquent une fin de non-recevoir chez les syndiqués. Allait s’en suivre de la part du parti gouvernemental une vaste campagne de dénigrement des employés de l’État, et particulièrement des enseignants du collégial, présentés comme des privilégiés, choyés et grassement payés pour une charge de travail très légère.

Cette campagne déboucha, à la fin de 1982, sur la loi 70 qui réduisait les salaires de 20% et de la loi 105 qui décrétait de nouvelles conditions de travail dans le secteur public. Ces coups de force devaient provoquer, au début de 1983, le déclenchement d’une grève de 3 semaines des enseignants des commissions scolaires et des cégeps, des débrayages que le gouvernement allait contrer avec la loi 111 qui prévoyait pour les grévistes les sanctions les plus sévères qu’on ait jamais vues dans le secteur public. Cette loi (et par conséquent les pénalités qui en découlèrent) fut par la suite, longtemps après, déclarée inconstitutionnelle et fait par conséquent l’objet de litiges qui durent encore aujourd’hui, plus de 20 ans après.

Beaucoup des enseignants et des employés du secteur public qui ont vécu cette période n’ont jamais pardonné au PQ ses coups de force d’alors et les conventions collectives d’aujourd’hui portent encore les traces des reculs qui furent alors imposés par le gouvernement de René Lévesque et de Jacques Parizeau. Personne parmi ceux qui ont été les protagonistes de ces événements ne les a oubliés.

Luc Dufresne, retraité


1988
La solidarité ne s’impose pas, elle se développe par le débat et par l’action.


Je me souviens d’un débat qui a occupé plusieurs d’entre nous en 1988. Le débat portait sur l’avis de motion préconisant la désaffiliation de notre syndicat de la CSN. Plusieurs mois où rencontres informelles, débats, informations se sont enchaînées pour préparer l’assemblée générale où la question serait mise aux voix. Pendant cette période, les avis se sont exprimés avec force, le ton était à la hauteur des enjeux. Dans cette effervescence, certains ont pu se sentir bousculés par les propos tenus ou les écrits produits, parce qu’au-delà du rationnel, il y avait de l’intensité, des émotions exprimées par les tenants des deux options.

La majorité a décidé de maintenir l’affiliation de notre syndicat à la CSN. Le 15 septembre 1988, la décision était prise.

Dans un syndicat, il est tout à fait normal que la majorité, selon les règles démocratiquement établies, prenne des décisions pour faire valoir les droits de ses membres, pour soutenir d’autres groupes syndiqués, pour appuyer une cause à caractère social ou humanitaire. Nous avons eu l’occasion de le faire maintes et maintes fois depuis la fondation de notre syndicat. Ce qui augmente la valeur de la pratique démocratique dans le vrai syndicalisme, c’est la recherche du ralliement de l’ensemble des membres pour créer et développer la solidarité nécessaire à notre action.

La solidarité ne s’impose pas, elle se développe par le débat et par l’action.

Je crois que nous avons réussi.

Christophe Auger


1999~2003
Les manifs


Nos assauts sur le Parlement..

De toutes mes « expériences » de délégué syndical de base, rien n’a jamais égalé en grandiose et en émotion l’assaut des masses laborieuses sur le Parlement de Québec, au coude à coude avec les camarades. Je n’en ai pas manqué un seul, depuis que Daniel Johnson nous a « coupé » 0,5% (ou était-ce 1% ??) d’un contrat déjà signé; une fois où j’étais particulièrement outré, pour ce non-respect du principe d’un contrat signé…. vu que chuis très à cheval sur les « principes ». Je me souviens …les chips dans le bus, et parfois la bière; les discussions passionnées avec les Debays, Dumas et autres théoriciens politologues, sur tenants et aboutissants de la défunte lutte des classes… ou, mutatis mutandis, sur la prolifération hors contrôle de ce grand Capital, autrefois voué à la « poubelle de l’Histoire ». Une autre fois : le « déficit zéro». C’était au printemps 1999.. Un autre « dogme » de l’air du temps, qui, comme tous les dogmes, devient vrai par la seule vertu que « tout le monde y croit »*. Et tout le monde y croit encore, « parce que tous les économistes l’écrivent, Picher and Co » , « parce qu’ on l’a dit à la télé!! » . Mais je vous prédis qu’on est en passe de l’abandonner ce dogme, puisque l’Amérique, par qui tout commence et par qui tout finira, vient de s’engager dans des déficits massifs. L’Amérique, l’alpha et l’omega; l’Amérique honnie par beaucoup, et imitée par tous (y compris nous!); l’Amérique, berceau de toutes les modes depuis la « révolution sexuelle » des années 60, jusqu’au « Sport Utility Vehicle » fin du siècle, en passant par le VTT.

Rien n’a cependant égalé en grandiose le sommet des Amériques. Bush et ses valets « bunkérisés » sur la colline par quelques milliers de zélotes d’une contre-culture née elle aussi en Amérique.

Un truc cocasse: à la formation du cortège, nous les bourges de base, nous nous retrouvons par hasard à 15 pieds en avant d’une bannière rouge éclatant, avec portraits de Lénine, Staline et Mao entrelacés, que leur photographe essaie de cadrer au mieux, avec ces « masses laborieuses » compactes en arrière plan; et « clic »!, nous voilà immortalisés prolétaires conscientisés, probablement sur une première page de la prochain édition du « Marxist Leninist Daily » de Toronto!

Aussi, au sommet des Amériques, mon premier contact physique avec le gaz lacrymogène, brume âcre qui descendait lentement de la colline, alors que nous, toujours soudés à ces mêmes masses laborieuses, défilions sagement « en bas » sur le boulevard Charest; nous, troupeau militant conduit sagement jusqu’à un terrain vague au milieu de nulle part. À un moment donné, quelques jeunes anglophones à contre-courant nous traitent de « Chicken! ». Ils viennent de se rendre compte qu’on veut les parquer sur une voie de garage, eux qui étaient venus pour faire le « coup de poing» avec les chiens de garde du grand Capital. Et puis, tout récemment, 29 novembre 2003, ce jour qui a fait basculer ma vie. Ce jour de froid cinglant et de tam tam .... dans le creux d’une attente interminable sur les Plaines, au milieu de slogans « basiques » hurlés dans le haut parleur par la madame, un éclair de subtilité, le meilleur que je me rappelle avoir jamais vu sur une pancarte : « Charest, sous-traitant du Patronat!!!

Franco Chiesa
Délégué syndical,
Métallurgiste, nullement blessé dans son honneur

* Comme on croyait à la virginité de la Vierge à une époque, parce que « tous les théologiens le disaient », ou comme un paquet d’Amerloques croient que la guerre d’Irak est un combat contre le terrorisme parce que.. parce que...parce qu’on les a vus à la TV.


2002
Le nouveau visage du Point d'ordre!


Au début du semestre d’automne 2002, Claude Lamy et Charles Gagnon pensèrent qu’une cure de rajeunissement du logo et de la mise en page du Point d’ordre! s’imposait. Ils demandèrent alors à un infographiste de proposer un modèle d’en-tête « revu et amélioré », comme il se doit pour tout ce qui est nouveau! Ce modèle fut modifié à plusieurs reprises aussi bien en fonction de la forme que devait prendre le journal qu’en fonction des coûts que cela pouvait entraîner. Cependant, trois constantes se sont dégagées des différents logos.

D’abord, en plus d’être une référence directe à la procédure des assemblées, l’idée du point représente à la fois l’objectif ou la cible à atteindre et, comme dans l’expression « faire le point », la préoccupation constante de préciser le contexte dans lequel se trouvent les enseignantes et les enseignants. Ensuite, l’importance de ces derniers est mise en évidence par l’intégration au dessin d’un motif, d’une phrase stylisée les désignant. Enfin, l’attention aux problèmes de l’enseignement dans le contexte de la mondialisation est soulignée par l’intégration du titre du journal dans le point dont la forme évoque un globe terrestre.


2005

19/04/2005: Ouverture du site web du Syndicat des professeur-e-s du Cégep de Trois-Rivières!




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